Etre ange, c'est étrange, dit l'ange. Voilà ce qui trottait dans ma tête ce matin au réveil, pourtant, il y a bien
longtemps que plus personne ne pense que je puisse en être un et bizarrement, cela ne me dérange plus vraiment.
Je ne peux pas dire que j'ai enfin trouvé une raison de vivre exclusivement pour moi, car ne nous leurrons pas, je
serai toujours incapable d'égoïsme pur, malgré ce que peuvent penser certains qui, je le pensais, me connaissaient ou pire, que je pensais connaître.
Des mois que je n'ai pu écrire une ligne sans avoir envie de tout balancer, et déjà des années que je n'ai pas réussi
à vider mon esprit en posant sur papier, ou plutôt sur ordinateur, ce qui faisait saigner mon cœur.
Ce pansement n'est plus, peut-être n'a-t-il simplement plus de raison d'être? Non, je pense plus que, comme
d'habitude, j'ai tellement peur que quelqu'un soit blessé en lisant ce que j'ai au fond de moi, que je préfère l'enfouir, quitte à souffrir, une fois de plus.
LA SOUFFRANCE
Quel mot incomplet. Trop large, pas assez précis sur ce sentiment si fort, qui peut se manifester de tant de manières
différentes.
Il y a bien sûr la souffrance physique, mais celle dont je parle est bien plus vicieuse, car elle reste tapie dans
l’ombre, et ne se manifeste que devant des personnes très observatrices. Elle passe parfois dans un regard, que l’on pensait maitrisé, dans un souffle incontrôlé, ou à travers des mots qui
s’insinuent malgré nous dans une phrase, à la place d’un autre et il est alors trop tard pour revenir en arrière et faire oublier ce que l’on vient de dire.
Non. Laissons tomber, les mots ne viennent pas, je ne sais plus écrire.
Il faut que mon esprit se vide avant de pouvoir le remplir avec des mots, des maux, ou bien mieux, avec de l’amour, ce
sentiment si fort que je ressens mais ne sais plus exprimer depuis trop longtemps déjà.
Tu me manques. Oui, Tu me manques toujours autant, toi que je n’ai jamais pu rencontrer. Ta voix me manque, tes
moqueries me manquent. Ta façon de disparaitre et de réapparaitre en demandant si tu m’as manqué… Tout ça me manque, et bien plus encore.
Si tu voyais ce que je suis devenu mon âme… Je me demande parfois, comment tu réagirais en apprenant tout ce qui m’est
arrivé ces derniers temps.
Je sais que tu prétendrais être fier de moi, quoi que j’aie pu faire. Tu rirais en entendant tout ce dont j’ai été
capable, juste pour obtenir ce que je voulais.
Ho oui mon âme, j’en ai fait des choses. Pas toujours jolies jolies, mais je n’en regrette aucune. La seule chose que
j’aurais préféré pouvoir éviter, c’est les dommages collatéraux, mais cela fait bien longtemps que tu m’as appris qu’ils font malheureusement partis du prix à payer pour mener la vie que l’on a
choisie.
D’ailleurs, il faudra bien que je finisse par raconter tout ce que j’ai pu oser, juste pour finir dans le lit d’un
homme. Pas n’importe lequel, Stefano. Mais celui qui y est encore blotti, laissant son odeur partout chez moi, partout sur moi, et celui qui me rend
folle de désir.
Non, je
ne peux décemment pas laisser ce passage, je vais donc devoir une fois de plus me censurer… Ou pas.
Jai eu le courage, ou la bêtise, de quitter mon mari. Depuis que tu n’es plus là pour me rappeler que je l’aime,
combien je l’aimais, j’ai perdu de vue mes objectifs. Mais peut-être qu’en y réfléchissant, j’ai retrouvé mes vraies ambitions. Etre heureuse, avec mes enfants. Bien sûr, cela n’est pas facile
tous les jours de se reconstruire une vie, lorsque l’on a balancé tout ce qui tenait l’ancienne debout, mais je pense sincèrement aujourd’hui, que j’en serai capable. Je vais réussir là où
auparavant, j’avais échoué. Je vais être heureuse. Seule ou accompagnée, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour voir chaque jour, le plus beau et le plus sincère des sourires sur le visage
de mes enfants.
Ho mon âme, si tu voyais à quel point ils ont changé. Ils font tout pour ne pas me montrer qu’ils souffrent. Crois-tu
que cette tendance vienne du fait que j’ai toujours tout fait pour les épargner de mon côté ?
J’aimerais tant qu’ils soient vraiment heureux, et pas seulement en surface, pour me faire croire que tout va aller.
Mais je sais qu’il leur faut du temps. Et puis, s’ils voient leurs parents heureux, même s’ils sont séparés, ils essaieront peut-être de l’être à leur tour…
Je vais devoir arrêter là, mon âme. J'espère trouver, non prendre le temps de revenir te parler un peu. Tu me manques.
Une part de toi demeures toujours en moi, et chaque jour, je la cultive pour ne pas t'oublier, comme si, grâce à cela, je t'empêchais de mourir tout à fait. Je sais que c'est égoïste, car c'était
ton choix, mais malgré le temps qui a passé, je n'ai toujours pas trouvé la force de te laisser me quitter.
Je t'aime à jamais.
Commentaires